"Le vrai voyage ce n'est pas de chercher des nouveaux paysages mais un nouveau regard." - Marcel Proust
Je regarde la ligne d'horizon par le hublot, directement au niveau des yeux. Un mince trait qui sépare le bleu du ciel des nuages blancs. Une telle planitude à perte de vue a quelque chose d'extra-ordinaire et d'étourdissant pour moi, qui ait passé les trois derniers mois entourée de montagnes.
J'ai le vertige, mais pas à cause de l'altitude; je pense à mon départ de Kelowna, cette si belle ville juchée au creux des pics enneigés de la vallée de l'Okanagan.
Je pense à ce que j'y ai vécu, aux gens qui y ont croisé ma route, à Noel... à mon échec de me trouver un travail, mais à tout ce que j'ai appris sur la vie et sur moi-même. Ça au moins, c'est une réussite.
Ça a été ardu; j'ai ragé, pleuré, désespéré plus d'une fois mais malgré mon retour prématuré, je sais que je reviens avec davantage que mes deux valises pleines à craquer qui attendant dans la soute (et que je souhaite ardemment ne pas perdre lors du transfert!).
Je sais que le retour ne sera pas facile non plus. Je suis totalement fauchée. Pire; je suis dans les dettes jusqu'au cou. Mais, immatériellement, je suis riche d'une expérience que peu de gens auront la chance de vivre.
Dire que je reviens sans regrets serait un mensonge. J'en ai laissé le plus possible derrière moi, mais je reste un être humaine avec sa part de masochisme accentué de "j'aurais dû..." ou de "avoir su...". Still, je ne regrette pas ma décision d'il y a quatre mois, sans doute la plus spontanée et inattendue de ma vie, de tout laisser derrière moi pour changer de vie l'espace de huit mois (plan initial) et partir à la quête de mes racines profondes.
L'inconnu, cette grande bête à la fois épeurante et fascinante pour l'homme, et un terrain propice et certainement inspirant pour quiconque souhaite renouer avec sa vraie nature, en l'occurence la voyageuse/exploratrice enfouie en moi, qui s'est manifestée à un moment opportun. Je souhaitais être confrontée? On peut dire que j'ai été servie, et de plus d'une manière. Mes convictions, mes croyances, ma naïveté et mon éternel optimisme ont été mis à rude épreuve pendant mon périple.
Je reviens changée, pas seulement en tant que personne, mais avec l'assurance nécessaire pour assumer ce qui a été conforté ou chamboulé en moi.
Pendant que Charlie Winston berce mes oreilles, je regarde défiler par le hublot les paysages des Prairies, ce même cheminque j'ai parcouru en sens inverse il y a exactement trois mois en road trip épique. J'admire la vue, confortablement assise, et Je me souviens.
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