27 juin 2012

Souvenirs

On s'est fait une petite soirée le 21, pour célébrer notre 1ère année de fréquentation. Exactement un an avant, on était tombé dans les bras l'un de l'autre sur le trottoir en face de chez mon père, complètement soûls. Tu avais tourné mon visage vers toi, et on s'était embrassé. Ça avait été la première brique de posée sur le chantier qui constituerait notre relation, mais sans s'en douter une seconde à cet instant-là.
C'est comme ça qu'on s'est figuré la chose, un an plus tard. Qu'on aurait jamais pu dire que ce baiser volé aurait mené aux sentiments qu'on éprouve l'un pour l'autre aujourd'hui. Une fois qu'on avait ouvert la voie aux "qui l'aurait cru", on s'est ouvert aussi la mémoire pour se rappeler une foule de petits détails qui sont survenus depuis les deux ans qu'on se connaît.
La première fois où on s'est revu, en revenant de vacances à l'automne 2010.
Comment je t'avais donc trouvé CHAUD! après avoir expérimenté le sexe avec un homme à la peau noire.
Comment on avait commencé à tisser des liens lors des bières prises chaque mardis soirs.
Comment on avait hâte à ces mardis, sans s'avouer que c'était pour se voir l'un l'autre.
Comment tu avais réagi quand tu avais découvert que j'avais un cul - CE cul - .
Comment on s'était senti après ce fameux soir d'octobre où on avait voulu célébrer mon départ vers l'ouest en buvant comme des trous (tient donc...) et que, impulsivement, ne sachant trop quand je te reverrais par la suite, je t'avais sauvagement agrippé par la nuque pour t'embrasser comme une dingue. Comment on ne s'était pas quittés des yeux de la soirée, comment on avait eu de la misère à trouver un taxi pour rentrer en vitesse chez toi, comment tout ce qu'on a fait dans ton lit était intense et bon, tellement que la fréquentation que tu avais à ce moment-là t'avais soudainement semblé ennuyante.
Comment on avait gardé contact pendant que j'étais à l'autre bout du pays, au souvenir de cette soirée magique, parce que tu voulais pouvoir goûter encore aux voluptés que tu avais découvert avec moi.
Comment j'avais avoué à ma meilleure amie, juste avant de revenir au Québec, que j'aurais aimé savoir ce qui était possible entre nous. Même si mon coeur a été pris par un autre pendant quelques mois, comment tu me faisais tellement d'effet quand tu me parlais chaudement, à quelques centimètres de l'oreille.

Et finalement, comment on a maladroitement commencé à se fréquenter, à partir de cette nuit du 21 juin 2011. Tu m'as dit: "J'ai bien senti que tu avais juste envie de partir en courant". Au souvenir de ces émotions qui se bousculaient en moi à nos tout débuts, à me remémorer la bataille intérieure qui me faisait trop souvent pleurer, à regretter ma relation fraîchement terminée de façon si douloureuse et à bloquer le moindre sentiment qui aurait pu me compromettre envers toi, j'ai tourné la tête et j'ai regardé au loin. On a fait tellement de chemin depuis ce temps! J'ai rien trouvé à répondre, parce que tu avais raison. Alors tu m'as dit tout doucement: "Je suis content que tu ne l'aie pas fait". J'ai tourné mon regard vers toi, et on s'est sourit.