C'est drôle comme des fois deux esprits semblent "connecter" malgré 3500 km de distance...ça peut avoir l'air bin le fun aux premiers abords, mais dans le cas présent, je dirais que c'est le contraire.
Je pense à lui souvent depuis deux semaines. Je croyais avoir été en mesure de le reléguer aux oubliettes, d'enterrer son souvenir, d'effacer son fantôme et, surtout, de m'être affranchie des sentiments que j'avais pour lui, d'avoir cessé de vivre dans les "et si ça s'était passé d'une autre façon...". Ça a marché un gros deux semaines. Avant que l'autre ne vienne chambouler l'assurance que je m'étais construite autour de mon nouveau célibat assumé.
Je pense à lui et je me demande s'il pense à moi, si je lui manque, s'il regrette d'avoir été aussi cave, d'avoir agit comme il l'a fait et d'avoir détruit ce qu'on avait ensemble, s'il a toujours l'intention de venir s'installer à Montréal... Je pense à lui et je m'en veux de le faire. Je m'en veux de ne pas être capable de passer à autre chose. J'arrête pas de me dire: laisses-toi du temps, ça fait que deux mois... j'ai beau essayer de l'haïr pour mieux passer à autre chose, ma mémoire joue contre moi et me ramène constamment au temps où j'étais à lui. Où j'avais presque réussi à lui faire confiance, où j'étais prête à m'abandonner dans cette relation qui s'annonçait extraordinairement prometteuse mais qui est morte dans l'oeuf, elle n'a pu éclore comme elle aurait dû parce que la distance est un élément tueur de passion pour un amour dont les bases sont aussi fragiles.
Je crois qu'il est trop difficile de passer à autre chose, comme je le souhaite tellement, si on garde une rancoeur aussi profonde envers quelqu'un. Je ne lui pardonne pas de n'avoir pas su accepter ma façon d'être et de vivre ma vie ici, de n'avoir pas été celle qu'il voulait que je sois, toujours disponible pour lui à répondre au moindre de ses appels ou textos peu importe la situation ou les gens avec qui j'étais. Ma capacité à donner de la place dans ma vie à quelqu'un qui n'est pas là semble avoir ses limites après tout...
Je ne lui pardonne pas les faux pas irrémédiables qui ont été commis dans la dernière ligne de notre aventure. Faux pas dans la réaction face à une situation qui n'aurait pas dû dégénérer ainsi, faux pas dans la gestion de la crise qui s'ensuivit, faux pas dans cette rupture maladroite et immature qui ne rendra jamais justice à la force des sentiments que j'ai pu éprouver pour lui...
Je ne lui pardonne pas toutes ses fausses promesses, ses belles paroles. S'accrocher à des mots est vraiment la pire erreur qu'on puisse faire. Parler est si facile, alors qu'agir requiert d'autant plus d'efforts que la portée de chaque geste est exponentiellement significative des réelles intentions de la personne qui les commet. Et moi j'ai été assez conne pour gober tout ce qu'il me disait, à force de se faire dire des belles choses on y prend goût et notre cerveau baisse la garde, ça devient comme une drogue qui endort nos craintes pour quelques heures et on en veut toujours plus, mais quand ça fait trop longtemps qu'on en a pas on recommence à devenir nerveux, méfiant, irrationellement insécure. Je lui en veux de m'avoir emplie de poèmes, de mots doux, de déclarations enflammées, pour me les enlever brutalement par la suite et me laisser comme une loque en désintox de sa voix sucrée...
C'est peut-être pour essayer de retrouver un peu de soleil que je peux pas m'empêcher d'aller jeter un oeil à sa photo de profil une fois de temps en temps (chaque deux jours...). Les rayons émanants de son visage m'appaisent quelques instants, un sourire se pointe au coin de mes lèvres alors que se dessinent à l'écran de mon cerveau des éclairs de moments heureux qu'il m'a fait vivre. Puis, comme le papillon qui s'approche trop près de la flamme, hypnotisé, fasciné, je me brûle à ces souvenirs perdus, mon sourire fond et laisse place aux larmes, je redeviens larve et je me déteste d'avoir encore cédé à la tentation.
C'est en plein pendant que je réflexionne à ce sujet au travail, après une énième rechute, que mon cell vibre. Un message. De lui. Presque exactement un mois après son premier. Presque exactement deux mois après la rupture.
"Allo. How you've been doing?"
Quand je vous disais "connexion entre deux esprits"??
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