28 décembre 2011

Eh merde

10 jours.
10 jours qu'on s'est pas vus et c'est ce que notre conversation donne. De tout, de rien. Des trucs anodins, qui parle de tout sauf de nous.
J'suis pas ton fucking journal intime!
J'ai des sentiments aussi...

23 décembre 2011

What?!

Pourquoi c'est maintenant que tu es loin de moi pour un autre cinq longs jours que je ressens plus que jamais le besoin de me serrer contre toi, de t'entendre me dire encore une fois que je t'ai manqué, de t'embrasser comme si ma vie en dépendait, de voir le sourire dans tes yeux??
Pourquoi tu es parti en me laissant dans cet état, avec mes questions, mes inquiétudes, mes incertitudes, mes fantômes d'insécurité, mes larmes? Je m'étais promis de ne jamais plus pleurer pour un homme...cinq jours depuis que tu es parti et chaque soir j'ai l'impression de couler un peu plus dans ton absence de signes de vie. Tu es dans ta famille, ta ville, avec tes amis. Penses-tu à moi? Aimerais-tu que je sois avec toi?
Est-ce que tu réfléchis à nous, comme je te l'ai demandé? As-tu seulement compris tout ce que j'ai dit? Je n'ai pas l'impression de t'en demander tant...je me contente de peu, maintenant que j'ai compris que tu es le genre de gars très peu démonstratif en amour. Es-tu seulement en amour? Quand tu m'as dit être "madly in love", c'était pour faire beau ou parce que c'est vraiment ce que tu ressentais? Je sais que tu ne dis rien si tu ne le penses pas, économe de mots que tu es, alors tu ne dois pas jouer avec des affirmations-chocs pareilles! Pourtant j'ai pas l'impression de vivre avec un gars "madly in love", surtout quand ce dernier arrive à 11h30 du soir la veille de son départ pour dix jours, à Noël, chose prévue deux jours à l'avance, et qui ne s'excuse pas du retard, qui n'essaie d'établir aucun rapprochements, qui part sans un mot le lendemain matin, sans baiser, sans caresse...
Tu me manques bordel, j'ai envie de t'écrire tout ce à quoi j'ai pensé pendant les cinq derniers jours, que j'ai pensé à toi, énormément beaucoup, que j'ai réalisé que je tiens à ce qu'on a, à notre relation, plus que ce que je me suis toujours refusé d'admettre. Je ne sais pas si c'est notre chicane, la distance entre nous, le temps des Fêtes ou mes SPM, ou peut-être un peu de tout ça, mais j'ai affreusement envie et besoin de te voir. J'ai envie et besoin de te dire que je t'aime comme tu es, même avec tes défauts, parce que...ah fuck, je l'ai dit.
Voilà. Je t'aime.
Et si j'ai si peur de te l'avouer maintenant, c'est que je crains de me casser la figure...

12 décembre 2011

Lettre à Charles

Quand je disais, dans mon message précédent, que j'avais été marquée...
Amusant, tout de même, de relire ce message sur lequel je suis tombée en faisant (encore) du ménage dans mes dossiers. J'aime bien ma plume d'alors. Je suis contente de ce que j'ai pu produire, mais en même temps triste. Je ne peux pas m'empêcher de replonger dans la tourmente qui a causé cette lettre, écrite il y a presqu'exactement deux ans de cela.
Un an, un an jour pour jour, depuis lequel j’ai continué à vivre en traînant le poids de la peine qui s’est infiltrée en moi le jour où tu es parti. J’ai continué à vivre, j’ai pensé ne pas y arriver mais tu vois, je suis encore là, sans toi, mais j’ai une multitude pour combler ton absence. Sans que tu le saches, ton passage à été l’équivalent du courant d’air innocent qui a fait s’écrouler le château de cartes qu’était ma vie. Tu n’a rien su de ma douleur, tu as pu au pire la deviner mais tu n’as pas entendu mes hurlements déchirés. Ils ont été si forts mais ne se rendront jamais à tes oreilles, qui se sont détournées de moi en même temps que le reste de ton corps, le jour où on a constaté que l’amour qui grandissait entre nous était sincère mais empoisonné. Le mal de se rendre compte que les sentiments si euphorisants que j’ai éprouvé avec et grâce à toi ne se quantifie pas, ne se mesure pas, il est invisible car il n’a existé qu’à l’intérieur de moi. Pourtant, cette boule qui monte à la gorge et qui donne un goût de mort je l’ai ressenti. J’ai livré un combat douloureux contre cet appel à tout abandonner, c’aurait été si facile.

Tu ne sauras rien de ce que je suis devenue, car si j’ai dû tomber et qu’aujourd’hui je peux avancer de nouveau seule je ne le dois qu’à moi-même. J’ai rebâti autour de moi et en moi, j’ai parcouru un long chemin sinueux sans savoir où ça me mènerait mais j’ai su emprunter les bons carrefours pour arriver à la personne que je suis maintenant. Chaque fois où j’ai repensé à toi équivalait à un caillou dans mon soulier, chaque fois où j’ai pleuré ton absence représentait une chute, chaque fois où je me suis questionné sur les comment et pourquoi et où j’ai ragé de ne pas trouver de réponses ressemble à un feu rouge interminable, car même si j’ai pu continuer à avancer dans mon périple vers l’oubli de nous, j’étais ralentie et ma rémission reportée.

Je ne saurai pas non plus ce que tu es devenu; un mot à ton anniversaire, une réponse des plus brèves. Je mentirais en disant que je n’ai pas attendu un signe de toi le jour de ma fête, même dans mes rêves les plus fous. Mais rien n’est arrivé et c’est sûrement mieux ainsi, Dieu sait que j’ai pu m’accrocher stupidement au moindre espoir que j’ai eu qu’un jour tu constates ton erreur et que tu me reviennes. J’ai tellement imaginé cette scène dans ma tête qu’elle ne pouvait pas ne jamais arriver. J’aurais pris l’occasion comme une vengeance et un retour de tout le mal que tu m’avais fait. Après réflexion, je me suis dit que finalement ça n’aurait pas été aussi satisfaisant. Je ne saurai jamais ce qui aurait été le mieux, les choses se sont passées comme elles l’ont fait et on y peut plus rien. J’ai choisi de continuer en effaçant graduellement ton souvenir, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien. Le jour où ce vœu sera exaucé est peut-être encore bien loin mais pour le moment ce fantôme de toi me rend plus forte. J’ai dit avoir rebâti ma vie, c’est pour qu’elle soit plus solide et sans toutes les assises qu’on y avait placé avant. Je suis maître à bord et souveraine, avec toi j’ai été princesse et sans toi je me suis sentie crapaud...

6 décembre 2011

Conte de fée?

Je crois que j'ai enfin compris pourquoi je ne suis pas tombée follement amoureuse de toi, malgré que tu aies tout pour que ça arrive. Pourquoi les papillons au ventre et les vertiges n'ont pas été au rendez-vous dès les premiers instants...
Tu es trop sain, trop simple. Enfin, pas trop. Mais trop par rapport à ce que j'ai toujours connu en amour. Les aveux enflammés, les déclarations passionnées, les montagnes de compliments, les mille et une promesses, j'ai connu tout ça et plus encore. J'ai vécu l'envoûtement et les déboires, les highs vertigineux et les crashs douloureux. Le juste milieu, très peu pour moi.
C'est là que mon "expérience" me nuit, cette expérience que tu craignais car elle te fait défaut. J'ai bâti mon idée de ce qu'était une relation amoureuse, de ce qu'on doit ressentir quand on est en amour avec des gens très instables émotionnellement. Ces personnes m'ont fait vivre des sentiments incroyables, chacun à leur façon, et m'ont beaucoup apprit sur la vie, sur moi-même. Mais ils étaient très souvent dans le "trop". Trop d'amour, trop d'attachement, un trop grand déversement d'émotions qui m'étourdissaient et m'enivraient au début, ça oui, les débuts c'est toujours trop beau...
Puis ça versait dans les montagnes russes; autant la vue d'en haut était splendide, infinie, promise à un avenir au top, quand ça descendait, c'était une méchante drop. Jalousie, insécurité, mensonges, colère, chicanes, déceptions, tromperie, j'ai vécu ce qu'on ne trouvera jamais dans aucun conte de fée. Pourquoi penses-tu qu'on nous cache constamment ce qui arrive après que la princesse ait trouvé son prince (ou sa princesse tiens)? Une vie de couple ne peut jamais être parfaite, peu importe son histoire. Je le répète, chacune de mes histoires avec ces personnes m'ont fait grandir, mais m'ont aussi profondément marquée, en témoigne mes précédents textes où je te parle.
Je suis une personne assez saine pour avoir attisé l'amour de mes partenaires, qui voyaient peut-être en moi la stabilité qu'ils n'avaient pas su trouver dans leur vie. Fouilles moi pourquoi j'ai attiré des fuckés, je me suis posé la question des centaines de fois. Mais je suis trop saine pour pouvoir supporter de vivre une relation pareille, en dents de scie, littéralement, où je me suis trop souvent blessée pour l'autre en croyant que c'était normal, que tous les couples agissaient ainsi.
Je sais maintenant que non. Je sais maintenant que l'amour peut être plus subtil que ça. Qu'il peut être contenu et se laisser cueillir petit à petit, qu'il peut se trouver dans un sourire, un regard, un effleurement, une intonation même...et grâce à toi, dans toute ta retenue, j'apprend, lentement, que c'est aussi bien comme ça. :)

21 novembre 2011

À toi de moi

Salut
voilà je t'ai écrit ça tantôt, parce que j'suis meilleure avec les mots écrits que dits, parce que même quand je pleure bin ça sort pas tout croche. Ça me permet de me dévoiler sans me sentir trop vulnérable devant toi. J'ai vraiment envie que tu me récrive aussi, sous la forme que tu veux, pis prends ton temps, c'est sérieux et important pour moi. C'est pas un pacte ou de quoi de même, ahahah...je sais pas. Prend-le, c'est tout.

Voilà, ça y’est. 5 mois exactement depuis le premier baiser (bon, pas vraiment le premier, mais…on se comprend), j’ai eu envie de faire cet engagement avec toi. De me commettre, de mettre cartes sur table et de jouer le tout pour le tout. Pas longtemps après que tu sois parti tantôt, j’ai changé mon statut FB. C’est niaiseux, je sais, mais ça prend une grosse signification pour moi. Même si pas mal de gens dans mon entourage étaient au courant de ce qui se passait entre toi et moi. Ça change rien dans la vie de tous les jours. On va se voir encore de la même façon, on va faire le même genre d’activités, tu vas continuer de venir souper chez mes parents. Mais si t’es bien attentif, tu remarqueras quelques changements. C’est le fun être en couple avec moi, j’pense. Des fois. Je suis très attentive, je vais tout faire pour que tu sois heureux, pour voir ton beau sourire illuminer ton visage. J’ai pas grand-chose à offrir, pour le moment, sauf moi-même. Ma petite personne, qui a la chienne comme ça se peut pas.

Je me suis fait accroire longtemps (5 mois!) que j’avais pas de sentiments pour toi, sauf de la profonde amitié (et beaucoup, beaucoup d’attirance…mais ça c’est une surprise pour personne). J’ai encore une grande réticence à ouvrir mon cœur, j’ai peur de ce que je peux y découvrir. J’avais aussi réussi à me convaincre que ce que j’éprouvais pour toi était réciproque, qu’il n’y avait rien de plus de ton côté. Si bien, que je voyais pas le bout de notre relation, que l’horizon se profilait devant nous et que tout irait bien, que ça serait comme ça…jusque quand? Tu l’as dit, je me suis rendue compte moi aussi à un moment qu’on pouvait pu rester comme ça. Quelque chose s’est ouvert entre nous, mais aucun ne voulait faire le premier pas vers l’autre. Par peur… on a bien mit des mots sur nos peurs cet après-midi. Mais de la nommer ça la fait pas disparaître, en tout cas pas dans mon cas. J’ai écrit que c’est le fun être en couple avec moi, des fois. Je te le dis tout de suite : je vais être craintive, émotive, pleine de doutes, autant sur moi que sur toi, sur tout et rien, pis pour rien. Je vais être boudeuse quand ça fait pas mon affaire, colérique quand tu vas te moquer de moi, impatiente quand je vais attendre après toi. Ça sera pas facile, mais comme tu l’as si bien dit, les choses qui valent la peine sont rarement faciles.
Alors si, malgré tout ça, t’es encore prêt à faire un bout de chemin avec moi, si tu as encore envie de te réveiller à mes côtés, si tu aimes le soleil, si ça te dit de prendre soin de moi pis de mon p’tit coeur, si tu veux qu’on bâtisse quelque chose ensemble… bin j’vais t’attendre dans ce quelque chose entre nous, pis je vais continuer à sourire en pensant à la chance que j’ai de t’avoir dans ma vie.

2 novembre 2011

De retour

Bon, tu es revenu. Je crois que c'était prévisible, pas une vraie rupture. J'ai dû essayer de me convaincre moi-même que c'était mieux de ne pas t'avoir dans ma vie. Parce que je commence à avoir des attentes envers toi, envers ce qui se passe entre nous deux. Et les attentes mènent toujours à des déceptions. Tu me déçois parfois, je dois l'avouer, et je crois que je n'aime pas me voir avec un gars qui me déçois. Alors je préfère te laisser, c'est plus simple ainsi."Le plus simple est-il le mieux?" que tu m'as demandé.
Maudite bonne question. Je sais même pas ce que je veux, comment je pourrais savoir ce qui est le mieux?
Tu voulais discuter, on a discuté. On s'est quitté avant d'embarquer dans le métro, tu as pris mon visage et tu m'as regardé avec ces yeux auxquels tu sais que je ne peux rien refuser (grrr j'temmerde...) et sans parler on s'est embrassé. C'était si doux. Tu m'as serré contre toi, les bras au-dessus des épaules, ma tête enfouie dans ton cou. Tu sentais bon. J'étais gagnée...
Tu es revenu. Je sens que tu as envie de te battre pour ce qu'on a. C'est encore très fragile, mais de moins en moins avec les jours. Tu ne m'as pas laissé filer cette fois. Qu'est-ce que j'ai donc qui cloche, pourquoi j'arrive pas à être complètement heureuse dans tout ça?
Et toi, t'as quoi donc pour que je te revienne à chaque fois?

23 octobre 2011

Bye

Voilà, tu es parti. Tu ne t'es pas obstiné, tu n'as rien dit pour me rassurer, me faire changer d'avis, me convaincre que j'avais tort de me sentir comme ça. Tu as juste accepté que je me sente délaissée, en cette journée qui s'annonçait pourtant si agréable. Peut-être que mon idée d'une "belle journée passée ensemble" ne faisait pas ton bonheur. Peut-être que dans le fond tu t'en foutais. Si au moins on avait baisé en se réveillant, comme on le fait tout le temps, d'habitude. Mais non. Tu as pris tes affaires et tu es sorti de ma chambre sans un dernier regard. Tu as quitté l'appart sans une parole, sauf un au revoir poli à ma coloc. Elle est venue me voir dès que tu as franchi le seuil. Elle savait, avant même de me voir, que j'aurais les yeux pleins d'eau. J'ai fait ma grande fille forte, que rien n'atteint. Je me suis rendue à l'évidence, tout simplement, comme je le sais depuis le début, que tu n'étais pas le gars pour moi.
Mais maintenant je suis incapable de finir mon sudoku. Mes larmes voilent mon regard. Je pense à toi. J'ai mal. Criss...

12 octobre 2011

Safety

Tu es encore là, dans mon lit, dans ma vie. La routine ne s'est pas encore installée entre nous, quoi que ce soit quelque chose que j'appréhende au plus haut point. Est-ce que le fait de n'avoir pas encore mit de nom sur notre relation y apporte quelque chose? Je ne sais pas...Tu es venu souper chez chacun de mes parents, ton père sait "qui je suis" et s'habitue tranquillement à ma présence certains matins, même si rien d'officiel n'a été prononcé entre nous. Est-ce que je voudrais cela? Je ne sais pas non plus. Toute cette incertitude commence à me peser.
Autant j'adore quand tu fais les premiers pas, quand je sens que tu es bien avec moi, autant je panique intérieurement quand ton attention est ailleurs, quand tu ne réponds pas à mes approches. J'essaie de doser les gestes qui te démontrerait la profonde affection que j'ai pour toi, en plus d'une attirance physique incroyable, pour que tu ne penses pas que je suis acquise. Je me suis mise à calculer chacunes de tes actions pour ne pas en faire plus que toi, pour m'assurer d'un équilibre entre nous, pour qu'il n'y en ait pas un des deux qui se trouve défavorisé dans cette relation, a fortiori ma petite personne.
Je sais, c'est fou. Mais je ne suis pas encore prête à me lancer à coeur ouvert, à te donner comme je me sais capable de le faire parce qu'à avoir donné ainsi dans le passé j'ai été trahie ou abandonnée, bref blessée et démunie de l'amour que j'avais pu vouer à l'autre. Je suis encore en train de recoller les morceaux, de retrouver la force et l'espoir qu'un jour je trouverai quelqu'un qui saura faire bon usage de tout l'amour que j'ai en moi, et qui saura y répondre réciproquement.
En attendant je ne saurais même pas définir ce que j'éprouve pour toi. Des sentiments, de l'attachement ça c'est sûr, mais de l'amour? rien n'est moins sûr...si je savais au moins à quoi m'attendre avec toi, si je savais ce que tu attends de moi, de ce qui se passe entre nous, peut-être que j'aurais moins de réticences à explorer mon dark side; ce qui contient toutes mes blessures du passé et me fait revivre une angoisse terrifiante chaque fois que je sens la distance entre nous. Je préfère ne pas y toucher encore. C'est trop tôt. J'ai encore trop peur que le scénario se répète.
J'attends un filet de sûreté qui ne viendra peut-être jamais...

28 septembre 2011

Someone like you

J'aime Adele. Profondément. Cette artiste sait chanter les mots, souffler les paroles, livrer les sentiments, cerner l'amour et le sortir d'elle pour l'incarner magnifiquement.
Ses chansons sont autant de réconforts dans la musique que d'imparfait dans ma vie sentimentale.
Exemple.
"Never mind, I'll find someone like you"
Yeah someone that will love me that much but not that bad way you were doing...
"I wish nothing but the best for you, too"
Still, you're a cool guy and for real, I wish you'll find happiness in any side of your life.
"Don't forget me, I beg"
Cause I won't.
"Sometimes it lasts in love,
But sometimes it hurts instead
"
This time it hurted. Bad. It didn't last. It wasn't meant to be.
<3

26 septembre 2011

Travaux d'école

Je faisais le ménage de mon ordinateur. J'y ai entassé depuis 2 ans des photos, des articles, des textes, des chansons, des paroles, des souvenirs, bref une partie de moi, depuis que j'ai ce portable et même d'avant (merci aux clés USB!). Il s'avère que pendant ce ménage je suis tombé sur deux textes que j'ai rédigé à l'hiver 2008, pour un travail au cégep de Maisonneuve, alors que j'avais 20 ans.
On étudiait le mythe d'Antigone. En bref, c'est une histoire écrite par Sophocle, tragédien grec du Ve siècle av. J.-C., qui met en scène Antigone, la fille du déchu roi, Oedipe (oui, celui qui a un complexe) (je blague). Ses deux frères viennent de mourir sur le champ de bataille mais l'un d'eux se voit refuser la sépulture pour trahison envers la patrie. Elle fait fi des lois des hommes et décide de braver l'interdiction en allant enterrer son frère seule, pour qu'il puisse reposer en paix. Le nouveau roi, son oncle, apprenant qu'elle est allé contre sa volonté, décide de la punir publiquement pour sauver sa dignité et son pouvoir. Antigone meurt donc à la fin aux main du roi (oops désolée de voler le punch!) et devient un symbole du pouvoir au peuple, du courage et de la rébellion.
J'ai beaucoup aimé étudier cette figure féminine forte (quoi qu'un peu fêlée). On avait comme travail de session de placer ce mythe grec dans un contexte contemporain et d'imaginer une nouvelle version de l'héroïne. J'avais écrit un premier texte, où Antigone se trouvait en conversation avec une autre martyre et débattait des changements de mentalités qui avaient eu lieu depuis l'apparition de leur propre légende, soit la liberté des femmes, la liberté d'expression, l'esclavage humain, la politique et le pouvoir, la religion, le partage des richesses. Je suis assez fière de ce texte, non seulement parce que je le trouve plutôt bien écrit *fleur à moi-même* mais aussi parce que ça me montre que certaines valeurs sociales auxquelles je tiens remontent à plusieurs années et que ça fait partie de qui je suis aujourd'hui. C'est mon petit bout d'histoire pour un monde meilleur :)


Et comme j'ai eu une mauvaise note avec ce travail parce que j'ai mal compris les consignes, comme ça m'est arrivé souvent, j'ai dû en écrire un nouveau en une semaine qui mettait réellement Antigone dans un contexte social contemporain. *sigh* J'ai donc écrit une deuxième version où elle est toujours une victime du pouvoir, mais un pouvoir institutionnalisé du XXIe siècle qui lui aussi fait la sourde oreille face au raisonnement du peuple.
Je sais je vous gâte. En tout cas, j'espère que vous aurez autant de plaisir à les lire que j'en ai eu à les redécouvrir, 4 ans plus tard.

Antigone prend le thé avec une nouvelle amie

**/août/20**
Sur un nuage non loin de là…
- Bonjour!
- Bonjour.
- Nous nous connaissons?
- Je ne pense pas. Mais comme nous avons l’Éternité devant nous, pourquoi ne pas nous présenter?
- L’Éternité en effet, comme cela est long! On me connaît sous le nom d’Antigone.
- Drôle de nom, de quel pays étiez-vous?
A- J’ai vécu dans la ville de Thèbes, en Grèce. Elle n’existe plus sous ce nom, hélas, beaucoup de choses changent en plus de 25 siècles!
- 25 siècles! En effet, les choses ont dû changer. Cela fait de vous mon aînée, je ne suis au ciel que depuis 5 siècles et des poussières.
A- Vous vous plaisez ici, madame…
- Jeanne d’Arc. J’ai vécu ma vie en France.
A- Enchantée!
J.A- Moi de même.
A- Sur Terre, quand on rencontre quelqu’un pour la première fois, on lui demande ce qu’il fait dans la vie. Je vous demande donc ce que vous faisiez de votre vivant.
J.A- Je suis connue pour avoir combattu avec l’armée française contre les anglais qui tentaient d’occuper notre territoire. J’ai aussi aidé le roi Charles à se rendre à Reims pour qu’il se fasse couronner.
A- Que de réalisations grandioses pour une personne de votre âge! Vous n’avez pas l’air très vieille, vous êtes morte au combat?
 J.A- Je crois que j’avais 19 ans au moment de mon exécution. J’ai été condamnée par le clergé pour hérésie.
A- Qu’est ce que cela veut dire?
J.A- On m’a accusé de défier l’autorité en m’habillant comme un homme et en proclamant que j’étais envoyée par Dieu.
A- Ah! Défier l’autorité, je connais ça. J’ai aussi été condamnée pour révolte.
J.A – Intéressant! Racontez-moi votre histoire.
A- Je n’ai pas respecté la loi qui stipulait que le corps de mon frère ne devait recevoir aucun rite funéraire, sous peine de mort.
J.A- J’ai été jugée selon les lois de l’Église et pourtant j’ai voué ma vie à Dieu.
A- J’ai été condamnée par le roi Créon, mon propre oncle, alors que tout ce que je voulais c’était de régler une injustice qui avait été commise envers un membre de ma famille.
J.A- On a tenté de me sauver en me faisant expier mes fautes et en me retirant mes habits d’hommes.
A- Le roi aurait voulu que je nie les faits pour qu’il puisse me rendre la vie sauve, puisque j’étais fiancée à son fils.
J.A- J’ai d’abord accepté, par peur, mais je me suis ravisée bien vite; ma mission sur Terre n’était pas finie et j’étais prête à écouter la parole de Dieu jusqu’au bout.
A- J’ai avoué mon méfait en toute connaissance de cause, la tête haute, car selon moi les lois des Dieux sur la mort prévalent sur les lois écrites par les hommes.
J.A- L’Église a jugé que j’étais possédée du démon au moment d’entendre les voix qui m’ont dicté mon destin.
A- Le roi m’a traité de folle de vouloir mourir pour un prétexte qui lui paraissait aussi peu important.
J.A- J’étais complètement seule au moment de me faire juger par le clergé, ils m’ont même menacés de torture si je n’expiais pas mes fautes.
A- J’ai tenté de convaincre ma sœur de m’accompagner dans ma tâche mais elle a refusé. C’est donc seule que j’ai été livrée au roi par ses gardes qui m’avaient vu faire.
J.A- J’ai essayé longuement de démontrer ma foi et mon dévouement à Dieu aux ecclésiastiques, que ma mission n’entravait en rien leur travail. Ils n’ont rien voulu entendre et sont restés fixés sur la menace que je représentais pour eux.
A- Mon fiancé Hémon a tenté de convaincre son père de m’épargner. Le prophète Tirésias l’a mis en garde des conséquences désastreuses que pourraient avoir ma condamnation. Même son conseiller a essayé d’ouvrir les yeux du roi, comme quoi sa rage était irraisonnée. Rien à faire, il n’est pas revenu sur sa décision.
J.A- Un des prêtres croyait à mon histoire. Il a tenté de me supporter et m’a encouragé à signer l’acte d’abjuration de mes erreurs que le clergé me soumettait pour que je puisse continuer ma vie dans la tranquillité, mais malgré sa gentillesse, ma foi a pris le dessus sur tout et j’ai refusé.
A- En fait, je crois que Créon tenait à ma condamnation pour la seule et bonne raison que, en tant que nouveau roi, il devait prouver en face du peuple son pouvoir absolu et me faire payer, même a un membre de sa famille, de sang royal. Il croyait sans doute que sa suprématie serait ainsi assurée.
J.A- Le clergé n’aimait sans doute pas l’influence que j’exerçais sur les foules. Les gens m’écoutaient parler et me croyaient lorsque je proclamais être envoyée de Dieu. Les autorités religieuses n’aiment pas qu’on joue dans leur plate-bande, il leur fallait se réapproprier l’exclusivité de la parole du Seigneur.
A- Le roi voulait faire lapider sur la place  publique celui qui contreviendrait à son commandement. Il a tenté de me sauver mais ma vie était si pleine de douleur que j’étais prête à payer pour ma faute. Pour se laver les mains face aux Dieux, il a décidé de me jeter au fond d’un souterrain pour que je puisse prier pendant mes derniers instants.
J.A- On m’a condamnée au bûcher et j’ai été brûlée vive devant une foule terrifiée qui m’a entendue crier par trois fois le nom de notre Christ, Jésus!
A- J’ai préféré me pendre et en finir rapidement avec la douleur qui m’habitais plutôt que d’attendre Hadès qui viendrait me chercher pour me conduire auprès des miens qui avaient disparus.
J.A- Les gens se sont révoltés suite à ma crémation. Ils croyaient en moi et me voyaient comme une sauveuse, cette justice du clergé n’en était pas une! Il y a eu des affrontements et plusieurs morts. L’autorité avait perdu de sa crédibilité aux yeux du peuple.
A- Quand Hémon m’a aperçu, morte, il s’est aussitôt transpercé le flan de son épée, ivre de douleur. Quand sa mère apprit cela, elle se planta une lame de couteau dans le foie tout en maudissant son mari de roi, responsable de toutes ces morts. Il fût grandement affligé par ces décès et constata trop tard son erreur.
J.A- Votre histoire est assez extraordinaire.
A- La vôtre également.
J.A- Nous avons beaucoup de points en commun vous ne trouvez pas?
A- En effet, je perçois beaucoup de rapprochements. On peut dire que nos vies n’ont pas abouties de façon tranquille.
J.A- De vraies tragédies!
A- Ça vous pouvez le dire! Mon histoire à même inspiré un grand dramaturge qui a vécu peu après moi, un certain Sophocle. Ses textes permirent la transmission à d’autres de ce que j’avais vécu.
J.A- Fort heureusement, ma mémoire fut réhabilitée quelques années plus tard au cours d’un procès. On en vint aux conclusions que les procès qu’on m’avait fait subir étaient nuls et sans fondements. On remit une croix d’honneur à ma famille et je fus ainsi élevée au rang de martyre.
A- Nous sommes donc…
J.A- Oui, je crois que nous pouvons nous affirmer comme telles.
A- Loin de moi toute prétention.
J.A- Des légendes, selon toutes vraisemblances.
A- Nos histoires ont traversées les siècles.
J.A- Les contrées et les océans.
A- Les barrières de la langue.
J.A- Elles ont été reprises maintes et maintes fois.
A- Poèmes, chants, théâtre…
J.A- Livres, peinture, même au cinéma!
A- Tout cela aura au moins servi à quelque chose.
J.A- Bien sûr! À part avoir inspiré les artistes de toutes les époques, j’ai été perçue comme un symbole combattant au nom de sa foi et de la fierté de son pays. Les religieux et les nationalistes se sont servis longtemps de mon nom pour faire passer leur message. Le peuple de France me considère aujourd’hui comme une sainte et une figure emblématique de courage.
A- On m’a évoqué lorsqu’il fut temps de se rebeller contre la tyrannie et la monarchie, puisque j’en avais fait pareil. On m’a ressorti du placard pendant la Révolution Française, les anarchistes et les amoraux m’ont prise pour héroïne. On a vanté mon courage et ma détermination face au pouvoir.
J.A- Vous savez ce qui me plaît le plus dans toute cette histoire?
A- Non, allez-y je vous écoute.
J.A- Nous avons été jugées et condamnées par des hommes mais admirées et imitées plus tard par des hommes. Ne trouvez-vous pas cela étrange?
A- Nous sommes les seules femmes dans cette histoire.
J.A- Parce que nous sommes des femmes, on se souvient davantage de nous parce que nous sommes considérées comme le sexe faible.
A- Bien sûr, qui sont les deux femmes les plus connues des temps précédant mon arrivée?
J.A- Je ne sais pas.
A- Ève, la femme par qui est arrivée le péché dans l’Éden, et Pandore, la femme que la curiosité mena à ouvrir une boîte interdite de laquelle s’échappèrent sur la Terre tous les maux des hommes.
J.A- Ils se sont servis de ces excuses pendant des siècles pour rabaisser la femme et lui attribuer des pouvoirs maléfiques.
A- Des siècles de fausses croyances à commettre des actes atroces envers les femmes du monde et des époques.
J.A- À faire taire à quelque prix que ce soit une femme qui osait s’exprimer et dire tout haut ce que plusieurs pensaient tout bas sans jamais agir, par lâcheté.
A- Alors aujourd’hui, sur Terre, ce jour 20**, 25 siècles après que j’eusse existé et 5 siècles après votre arrivée, après le passage de nombreuses autres femmes ayant accomplis de grandes gloires, qui sont régulièrement citées dans le monde entier et qui ont servies à faire avancer la justice, égale entre hommes et femmes, notre héritage est-il entre bonnes mains?
J.A- Je ne sais pas. Beaucoup de crimes sont encore commis injustement envers des femmes. Prenons pour exemple l’excision, largement pratiquée en Afrique, ou le crime d’honneur envers les femmes du Moyen-Orient. La prostitution et le marchandage humain font encore des millions de victimes dans le monde. On utilise les femmes, on les bats, les viole, les rabaisse, les font taire.
A- Oui mais…il y a plus que ça aussi. Aujourd’hui, des femmes sont sorties de chez elles et elles ont le choix, elles peuvent être chefs d’entreprises, avocates, médecins, journalistes, policières. Dans certains pays, le droit à l’avortement est autorisé, la liberté d’expression concerne tout le monde, les femmes peuvent aller voter et pas nécessairement pour ce que leur mari leur a dit de faire, elles peuvent même être élues.
J.A- Bien sûr, mais on ne parle que de quelques grands pays industrialisés. Beaucoup de femmes n’ont pas eu cette chance!
A- En effet, mais il y a eu des changements de mentalités au cours des années et il va continuer d’en avoir. Des hommes et des femmes de ces pays développés se battent chaque jour pour apporter de l’aide aux femmes défavorisées des pays pauvres. En les instruisant et en leur apprenant que, comme nous l’avons fait quelques siècles auparavant, elles peuvent dire «non», elles ont le choix de supporter la tête baissée ou de se relever et prendre leur sécurité en main. Des gens se rendent dans ces pays afin de dénoncer les abus qui s’y produisent, de communiquer l’injustice et la violence qui y règnent. Beaucoup de femmes ont été tuées pour que d’autres aient le choix, il ne faudrait pas que ces sacrifices deviennent vains.
J.A- Et comme nous sommes des modèles pour quelques unes d’entre elles, nous avons participé à ce changement de mentalités. C’est incroyable de se rendre compte qu’on puisse laisser un héritage de plus de 5 siècles qui ait touché autant de gens. Pour vous c’est 25 siècles!
A- C’est difficile à croire en effet. Je n’ai jamais pensé que ma petite révolte servirait autant une noble cause.
J.A- Moi non plus. Je songeais simplement au salut de mon âme et à l’accession de mon esprit au ciel.
A- Les femmes qui se sont battues comme nous mais en toute connaissance de cause méritent toute mon admiration.
J.A- Vous avez entièrement raison. Qui a dit qu’une seule personne ne pouvait pas changer de grandes choses?
A- Il ne reste qu’à espérer que d’autres Antigone ou Jeanne d’Arc se lèvent et fassent réagir les foules.
J.A- Bouger les mentalités.
A- Changer et faire avancer les choses.
J.A- Afin d’éradiquer le bâillon religieux et politique.
A- Pour la justice égale entre tous et la liberté d’expression.
J.A- Vraiment Antigone, je suis heureuse de faire votre connaissance.
A- Moi aussi! Comment se fait-il que nous ne nous soyons pas rencontrées avant?
J.A- Je ne sais pas. Chose certaine, c’est que je prévois beaucoup d’intéressantes discussions avec vous pour les temps à venir.
A- Ce serait avec joie. Venez prendre le thé demain, je tiens à vous présenter une bonne amie à moi.
J.A- Qui est-ce?
A- Benazir Bhutto, elle est nouvelle ici…

Antigone - revue et actualisée

**/11/2008
Interrogation du suspect matriculé N37T1405
Jeune femme début vingtaine, Origine : Pays d’Extrême-Orient, raison de l’arrestation : suspectée de complicité avec des membres de sa famille dans l’affaire de l’attentat porté contre un édifice gouvernemental. 
- Voilà jeune fille, nous attendons vos révélations concernant cette affaire d’État.
- Je n’ai absolument rien à dire, je ne suis pas impliquée pour une miette dans cette histoire.
- Nous avons des documents prouvant le contraire.
- Des documents?! Et de quelle source viennent-ils? Sont-ils fiables? Avez-vous des preuves tangibles de ce que vous avancez?
- Nos informateurs sont des spécialistes, nous n’avons jamais remis en question leur professionnalisme.
- Eh bien il serait temps, je n’ai rien à faire ici, les coupables courent probablement dehors à l’heure qu’il est. Je peux vous jurer que ni moi ni ma famille n’ait quoi que ce soit à voir avec cet attentat.
- Attention à ce que vous dites mademoiselle, vos déclarations pourraient être retenues contre vous pour faux témoignage! Nous savons que vos frères sont directement liés à cette histoire.
- Si vous en êtes si certains, en quoi vous suis-je utile?
- Vous le savez bien, ne jouez pas les innocentes avec nous.
- Je ne joue pas, je SUIS innocente.
- Vos frères sont toujours en cavale, comme vous le disiez tantôt. Nous avons besoin de vous pour les retrouver, vous êtes la seule membre de votre famille qui soit encore vivant, à part eux, c’est pourquoi nous vous interrogeons.
- Vous croyez que je vous livrerai mes frères, même si j’étais au courant de l’endroit où ils se trouvent en ce moment? Soyez assurés qu’ils me cacheraient avec eux!
- Vous pouvez toujours nous servir d’appât. Votre présence ici est plus utile que vous ne le croyez.
- Vous êtes ignoble.
- J’obéis aux ordres, petite, tout ce que nous faisons est en fonction du bien de notre pays et de la sécurité de ses habitants. Ils nous font confiance pour arrêter la propagation d’actes terroristes comme ceux orchestrés par vos frères.
- Mes frères ne sont pas des terroristes!
- Aux yeux du gouvernement, oui, j’en ai bien peur. Et votre obstination à les protéger pourrait vous coûter cher, c’est pourquoi je vous encourage à travailler avec nous et à révéler tout ce qui est susceptible de nous mener à eux.
- Ce ne sont pas vos menaces qui vont me faire parler, je ne livrerai jamais un membre de ma famille.
- Vous êtes donc si loyaux? Ou est-ce seulement une question d’honneur?
- Je dirais un peu des deux. Ce sont des temps difficiles pour des réfugiés politiques comme nous, alors on se doit de faire face à l’adversité en se serrant les coudes.
- Vous admettez donc que vous approuvez leur geste?
- Bien sûr que non! Sachez que je n’étais nullement au courant de leur plan. Depuis que nous sommes ici, je ne demande pas mieux que de vivre tranquillement. Je ne me suis jamais souciée de leurs affaires et maintenant je me retrouve prisonnière de vos bureaux, bien malgré moi!
- Vous pouvez quand même être accusée de complicité si vous continuez à nous cacher ce que vous savez. Il est de la plus haute importance de retrouver les coupables. La sécurité des gens est en danger et il est de notre devoir de mettre un frein à cette violence!
- Et la sécurité de mon peuple, menacée sans cesse par un gouvernement dictatorial et extrémiste, vous en faites quoi?
- Nous nous sommes mêlés à cette histoire, sans grand succès.
- Votre quête de la justice s’arrête à ce point? Vous ne chercherez pas à pousser davantage pour la liberté des habitants du pays d’où je viens?
- Il importe que nous nous concentrions d’abord sur nos problèmes internes. C’est pourquoi votre collaboration est nécessaire. La justice doit d’abord être rendue aux victimes de cet attentat.
- La justice par la condamnation n’est pas une solution et vous le savez! Vous vous battez pour une justice dictée par des hommes de pouvoir qui n’ont aucunement à cœur les intérêts du peuple!
- Écoutez-moi bien jeune fille! Nous tentons présentement d’éviter une crise, le gouvernement fait tout pour sauver la face aux yeux de ses électeurs. Nous avons besoin de coupables et vite, les gens veulent se sentir en sécurité et nous devons leur donner des visages à détester et sur qui jeter la faute de tout ce trouble! Nous ne pouvons pas nous permettre d’erreurs.
- Des têtes à brandir, c’est tout ce que vous voulez!
- Oui, et si on ne trouve pas vos frères dans les plus brefs délais, c’est vous qui serez jugée et renvoyée dans votre pays.
- Mais…je serai tuée là-bas!
- C’est pourquoi vous devez faire preuve de collaboration, vous constatez maintenant tout l’enjeu qui pèse sur vos déclarations.
- C’est inhumain! Jamais votre peuple ne tolérerait une condamnation aussi injuste! Si on vient à savoir qu’une innocente à été assassinée seulement pour vous servir de bouc émissaire, des manifestations ne tarderaient pas à éclater aux quatre coins du pays pour dénoncer vos pratiques barbares!
- Il sera facile de vous faire passer pour coupable, rassurez-vous. Nous garderons l’ordre et la paix au sein de la population, comme nous avons souvent été capables de le faire par le passé.
- Est-ce que cela ne vous empêche pas de dormir la nuit? De savoir que des innocents sont morts pour empêcher la prolifération d’actes dénonciateurs? Votre justice est dégueulasse!
- Vous n’êtes pas totalement innocente, je tiens à vous le rappeler. Vous nous cachez des faits qui pourraient incriminer les vrais coupables.
- Vous rendez vous compte que pour chaque homme ou femme que vous condamnez pour avoir eu le courage de poser des gestes visant à changer les choses, d’autres se lèveront pour se rallier à leur cause. Vous pouvez tuer les manifestants mais pas les idées!
- Nous avons les moyens de faire taire les éléments indésirables, ceux qui viennent à troubler l’ordre public. Le peuple n’est pas assez fort pour nous faire face.
- Un jour viendra et vous tomberez. Un jour, c’est la justice des hommes qui triomphera, et non celle d’un groupe élitiste et idéaliste qui règne sur son pays par le biais des marionnettes telles que vous!
- Ça suffit! Vous êtes visiblement de ces extrémistes qui cherchent à compromettre le gouvernement. Nous avons assez de preuves pour vous inculper! Et même si vous n’avez pas parlé au sujet de vos frères, ce n’est qu’une question de temps avant que nous les trouvions. Dommage pour vous qui rêviez d’une vie tranquille, on va vous remettre aux autorités de votre pays, ils vous jugeront selon ce qui leur semble juste.
- On me plaindra, on fera de moi une martyre, soyez-en assurés! Vos méthodes causeront votre perte, ça aussi ce n’est qu’une question de temps!
- Emmenez-la, cette rebelle ne nous est plus utile. Remplissez les dossiers nécessaires et qu’elle soit surveillée de près jusqu’à ce qu’elle soit livrée. Ah! Et n’oubliez pas de contacter l’agence de presse, je vais me préparer pour une conférence. Ces journalistes seront ravis de communiquer la bonne nouvelle. Eux aussi sont tellement manipulables.

11 septembre 2011

Leave me

WHY? Why am I incapable of letting you go? Why can't I stop thinking about you? Why are you always coming back in my life, in my thoughts, by a way or another, even without any will of it? How can you still have so much power on me, even if it's been four months from now on since we broke up in the worse way I could ever imagine?
Do you think about me sometimes?
Who are you sleeping with?
How do you see your future now?
It hurts...FUCK! I hate you so much, yet the feelings I have come too close to love...but I can't live with you. Neither can't live without you. Still, I don't really have the choice.
I know for sure you're not the one for me. But this video, this tiny piece of you, of the man I've so much known and loved like crazy, brought me back to this time when we belonged to each other. When I was full of hopes, so naive about our relationship and all the bullshit you used to tell me.
So why am I feeling so sad? Why do I feel tied up by my past? Why can't I just forget you and all the pain you inflicted to me through this abandon?
I have deleted every single tracks you had left behind...yet some of them keep coming back randomly. It seems like you'll be haunting me forever. I am strong, but I can't fight against ghosts.

This would explain how the fuck do I still remember your cellphone number by heart...

7 septembre 2011

Sexy

Tu t'es immiscé dans ma vie tranquillement. Plus ou moins deux mois déjà depuis qu'on se fréquente. Qu'on s'apprivoise. Qu'on développe "quelque chose".Je ne saurais trop comment qualifier cette relation...on s'est dit l'autre jour qu'on était désormais exclusifs. On était pas allé voir ailleurs depuis notre première fois de toute façon. N'empêche...ça m'a rassurée, parce que je n'aime pas partager. Je n'aimerais pas TE partager. J'aime sentir que je suis spéciale pour toi.
Quelques temps déjà depuis qu'on passe plus de temps à s'embrasser lentement, doucement, à goûter à l'autre, à ce moment. Quelques temps à se caresser un peu plus longtemps avant de se lancer, à moins hésiter à toucher l'autre. On connaît mieux nos corps, nos zones sensibles et c'est toujours meilleur. C'est devenu plus doux, plus fiévreux. On le fait encore souvent comme des sauvages, j'aime toujours autant te griffer dans le dos, te mordre les épaules, que tu me claques les fesses ou que tu m'enserres le cou en me prenant par derrière. N'empêche...
J'éprouve moins de gêne à soupirer ou à gémir de plaisir, à te montrer que j'aime ce que tu me fais. Je me cache moins derrière des cris subjectifs illusoires.
Je te guides, tu te laisses aller. Tu me pousses, j'en veux encore. Je me sens si forte quand ta bouche s'ouvre de surprise, quand je te prends de court en changeant de mouvement, quand tu renverses la tête en crispant la mâchoire. N'empêche...
Tu me rends faible. Tu me dis que je suis gorgeous.
Dis-le encore. J't'en prie.
Et moi je te trouve tellement beau. Tu me fais fondre. J'ai tant de misère à croire que c'est pas juste du cul pour toi...

2 août 2011

Envie

Tu me fais vraiment suer.
Tu me demandes de te réserver ma journée du lundi après une fin de semaine débordée où on a pas pu se voir. C'est moi qui dois finalement te texter à 11h40 am pour savoir si tu veux toujours qu'on se voit.
Et tu prends 35 minutes à répondre.
Et tu m'accueilles d'un bec sec quand j'arrive enfin. Tu n'es pas encore prêt, comme toujours.
Et j'ai envie de ton souffle dans mon cou, de ta main sur ma cuisse pendant qu'on joue sur ton PS3. J'aime cette complicité qu'on peut avoir ensemble, ludique, innocente, joyeuse. Mais en ce moment j'ai envie que tu lâches ta maudite manette et que tu me prennes sur ton sofa, que tu me déshabilles fiévreusement et que ta bouche courre sur mes seins, provoquant une délicieuse tention dans mon bas-ventre. Je veux voir ton regard intimidé par ma sex face, tes yeux se fermer de plaisir au moment où je laisserais glisser ma langue sur ta queue, j'ai envie de sentir ton urgence de me pénétrer parce que tu aurais attendu ce moment toute la fin de semaine. J'ai envie de nos corps l'un contre l'autre qui suent à force de friction, qui sentent bon le sexe chaud et qui se relâchent de satisfaction après un bon gros orgasme.
Mais rien n'arrive. Pourquoi je n'ai pas provoqué ça? Parce que j'aimerais mieux me couper la langue que de te dévoiler mon envie de toi. Parce que tu manques d'esprit d'initiative, et parce que je suis lâche. Parce que c'est plus facile de me donner à toi si je n'ai pas à parler. Tu peux avoir mon corps quand tu veux, c'est ma tête et mon coeur qui ne sont pas prêts. Et si tu veux le package deal il te faudra être patient. Très patient. Je n'arrive toujours pas à savoir si mes cicatrices t'intéressent ou si ça semble trop fou pour toi. Tu dis que je ne suis pas la première à te servir ce discours, pourtant j'ai l'impression que tu n'as rien appris de tes expériences passées. Et je n'ai pas la force en ce moment de te guider à travers les voies de ma guérison. J'irai donc toute seule dans ce dédale obscur, et toute seule j'en émergerai.
Soit patient. Mais en attendant prends-moi je t'en prie, sans romance. Juste pour le bénéfice du corps.

31 juillet 2011

Not you again

I, had, the time of my life
No I never felt like this before
Yes I swear, it's the true
And I owe it all to you

Cause I, had, the time of my life
And I owe it all to you

I thought of you tonight, while I heard this song. Again.
*sigh*

28 juillet 2011

Libération

J'étais sensé travailler jusqu'à ce vendredi. À la place, mon boss m'a texté samedi, pour me demander de l'appeler, ce que j'ai fait."Ouais Martine c'était pour te dire qu'on aurait pas besoin de toi cette semaine finalement, le volume d'appels a déjà diminué beaucoup alors on va s'arranger autrement, bla bla bla..."Dans ma tête, ça a fait: mais, mais, je comptais sur la paye de cette semaine dans mon budget moi! Et puis finalement ça a fait: bande de crétins, c'est pas sensé finir comme ça. Déjà qu'il n'y aurait eu personne au bureau à la fin de la semaine (pour cause de "planification automnale"...alors que je sais pertinemment qu'ils vont tous s'enfermer dans un chalet pendant deux jours pour boire et se féliciter d'être dont géniaux, tellement exceptionnels et dans la gang des winners!!) ça m'aurait déjà plus arrangé de finir mon contrat à cet endroit ainsi, plutôt que de me faire remercier de façon plutôt vache par le pantin du président...Je ne m'attendais même pas à un beau petit déjeuner d'au revoir, comme ça semble être la coutume. De toute façon, je n'entrais tellement pas dans le moule, la façon de penser de cette compagnie, que c'est un soulagement d'en sortir finalement.
Oh! ça n'a pas toujours été comme ça. Au début j'A-DO-RAIS travailler à cet endroit! L'objectif primaire est si noble: aider des étudiants à se bâtir une petite entreprise, à apprendre à gérer des clients, un budget, des travailleurs, un horaire de production, etc... je trouvais le projet super! J'ai côtoyé des jeunes plein de charisme et d'ambition, des futur(e)s hommes et femmes d'affaires encore vierges à la dureté du monde du travail. Ce côté-là de ma job m'enchantait, parce que j'étais là pour les aider, j'ai appris à en connaître plusieurs qui venaient souvent au bureau, je les ai vu évoluer, certains sont venus se confier à moi, j'avais même ma bière hebdomadaire avec quelques-uns.
Mais il y a souvent un côté plus sombre à la médaille, et je n'ai pas tardé à le découvrir. Business is business comme on dit. Je n'étais pas familière avec ce milieu, et je n'avais pas l'intention de l'être fort heureusement, mon domaine se situant loin du brassage d'affaires et de l'obsession des chiffres (surtout ceux du compte de banque!). Mon premier entraîneur de volleyball nous disait souvent: une chaîne n'est jamais plus forte que le plus faible de ses maillons. Ça signifie que si tout le monde travaille en commun pour la réussite, tout le monde va en bénéficier, autant les forts que les plus faibles. Tout le monde à a apporter à chacun, suffit de prendre le temps de considérer les possibilités! Mais pas dans cette boîte apparemment. Les réunions hebdomadaires entre coachs (les mentors des franchisés, ceux qui les aident dans leurs objectifs, ceux qui ont du vécu et qui le communiquent aux rookies) et la direction, je n'y ai jamais assisté mais j'entendais souvent ce qui s'y disait. Ça parlait de chiffres la grosse majorité du temps. Battre des records de ventes à l'aide des chiffres, augmenter sans cesse les estimations donc le nombre de contrats signés, augmenter la productivité donc l'entrée d'argent...comment aider ceux qui signent déjà beaucoup? À coup de marketing, d'encouragements, de récompenses, de défis. Et il y a ceux qui rushent, qui ont de la misère à joindre les deux bouts parce qu'ils concilient très mal les études (ne l'oubliont pas, ils continuent d'étudier à temps plein pour la majorité) et ce travail qu'on leur avait promis, lors des formations, qu'ils n'auraient pas plus de 15 heures par semaine à y consacrer (erreur! ça c'est seulement pour les estimations...ensuite vient la comptabilité, la gestion d'agenda, les rappels de clients, l'appel de coaching et autres engagements pris par rapport à la compagnie lors de la signature de la convention de franchise). Qu'est-ce qui est fait pour ceux-là? On les talonne jusque dans leurs réseaux sociaux pour qu'ils poussent les estimés, on les fait sentir mal de n'avoir pas rappelé leurs clients, la plupart du temps on se contente de transférer les contrats à des franchisés plus performants (donc moins d'argent pour le looser, qui va devoir quand même payer le même montant de redevances (qui sont, à mon avis, très mal dispatchés! Mais bon ça c'est mon avis)). Je trouve dommage de faire miroiter une si belle opportunité à ces jeunes pour les laisser un peu en plan à partir du moment où c'est apparent qu'ils n'atteindront pas leur objectif parce qu'ils ont pris trop de retard...j'ai dû en manquer des bouts, je suis loin d'être au courant de tout ce qui se passe. Moi j'étais juste la réceptionniste/secrétaire/commis de bureau/adjointe à la directrice/préposée à l'imprimante/téléphoniste... Un agent de liaison en fait, je ne réglais pas grand problème, je transférais et j'aimais mon job. Peut-être que je suis dans le tort d'affirmer tout ça, mais c'est l'impression que ça m'a laissé.
Je travaillais avec une gang de matérialistes superficiels et égocentriques, qui carburaient à la réussite personnelle peu importe si c'était au détriment d'un autre, prêts à jouer du coude à la moindre occasion pour la reconnaissance du grand patron, le président fondateur, un obsédé des chiffres qui finissent en $ sans charisme ni gratitude pour ce qui se trouve de bon dans la nature humaine. Un requin, comme on appelle dans le milieu je crois.
J'ai beaucoup aimé le contrat que j'ai fait à cet endroit, j'ai pu y gagner de l'expérience en ce domaine et même si c'est quelque chose dans lequel je ne ferai pas ma vie, ça fait une belle ligne sur un C.V. parce qu'on s'entend qu'en terme d'emploi étudiant c'est ce qui se fait de plus stimulant. Je suis quelqu'un qui travaille avec le public. Et je ne pensais jamais dire que moi, un jour, j'ai un bureau! Ça fait partie du monde adulte (je me surprend à aimer ça!). Je me sens plus responsable. J'ai gagné en assurance. J'ai appris par une ex-collègue que ma directrice avait été appelé par une compagnie pour laquelle j'avais postulé. Je ne lui en veux aucunement d'avoir mentionné que la ponctualité est mon principal problème. C'est ce qui ressort tout le temps, je travaille fort là dessus mais j'ai encore du chemin à faire...personne n'est parfait! Mais j'ai aussi appris qu'elle avait raconté à quel point je m'étais très rapidement adaptée et intégrée à l'environnement du bureau, que j'aimais mon job et que j'étais la secrétaire qui, depuis les 5-6 qu'elle a connu, avait le plus de passion pour ce qu'elle faisait et qu'elle n'en avait jamais vu apprendre aussi vite les noms de chaque franchisés, de quelle compagnie et quel territoires ils couvraient! Ça m'a flatté, au moins elle me reconnaissait des qualités.
Bref, je ressors un peu amère de tout ça, j'aurais aimé que ça se finisse d'une autre façon. Mais je repars avec mon bagage d'expérience un peu plus rempli sous le bras, prête à relever de nouveaux défis! Ma vie m'appartient, je sais que je peux défoncer tout ce qui se dresse devant moi. Les obstacles ne me font pas peur. S'il n'y en avait pas, je serais méfiante! Et paresseuse. Mais incapable de rester en place, je fonce, je cherche, je vais trouver ce qui sied à ce que JE veux, je reste confiante :)

24 juillet 2011

Texto

C'est drôle comme des fois deux esprits semblent "connecter" malgré 3500 km de distance...ça peut avoir l'air bin le fun aux premiers abords, mais dans le cas présent, je dirais que c'est le contraire.

Je pense à lui souvent depuis deux semaines. Je croyais avoir été en mesure de le reléguer aux oubliettes, d'enterrer son souvenir, d'effacer son fantôme et, surtout, de m'être affranchie des sentiments que j'avais pour lui, d'avoir cessé de vivre dans les "et si ça s'était passé d'une autre façon...". Ça a marché un gros deux semaines. Avant que l'autre ne vienne chambouler l'assurance que je m'étais construite autour de mon nouveau célibat assumé.

Je pense à lui et je me demande s'il pense à moi, si je lui manque, s'il regrette d'avoir été aussi cave, d'avoir agit comme il l'a fait et d'avoir détruit ce qu'on avait ensemble, s'il a toujours l'intention de venir s'installer à Montréal... Je pense à lui et je m'en veux de le faire. Je m'en veux de ne pas être capable de passer à autre chose. J'arrête pas de me dire: laisses-toi du temps, ça fait que deux mois... j'ai beau essayer de l'haïr pour mieux passer à autre chose, ma mémoire joue contre moi et me ramène constamment au temps où j'étais à lui. Où j'avais presque réussi à lui faire confiance, où j'étais prête à m'abandonner dans cette relation qui s'annonçait extraordinairement prometteuse mais qui est morte dans l'oeuf, elle n'a pu éclore comme elle aurait dû parce que la distance est un élément tueur de passion pour un amour dont les bases sont aussi fragiles.
Je crois qu'il est trop difficile de passer à autre chose, comme je le souhaite tellement, si on garde une rancoeur aussi profonde envers quelqu'un. Je ne lui pardonne pas de n'avoir pas su accepter ma façon d'être et de vivre ma vie ici, de n'avoir pas été celle qu'il voulait que je sois, toujours disponible pour lui à répondre au moindre de ses appels ou textos peu importe la situation ou les gens avec qui j'étais. Ma capacité à donner de la place dans ma vie à quelqu'un qui n'est pas là semble avoir ses limites après tout...
Je ne lui pardonne pas les faux pas irrémédiables qui ont été commis dans la dernière ligne de notre aventure. Faux pas dans la réaction face à une situation qui n'aurait pas dû dégénérer ainsi, faux pas dans la gestion de la crise qui s'ensuivit, faux pas dans cette rupture maladroite et immature qui ne rendra jamais justice à la force des sentiments que j'ai pu éprouver pour lui...
Je ne lui pardonne pas toutes ses fausses promesses, ses belles paroles. S'accrocher à des mots est vraiment la pire erreur qu'on puisse faire. Parler est si facile, alors qu'agir requiert d'autant plus d'efforts que la portée de chaque geste est exponentiellement significative des réelles intentions de la personne qui les commet. Et moi j'ai été assez conne pour gober tout ce qu'il me disait, à force de se faire dire des belles choses on y prend goût et notre cerveau baisse la garde, ça devient comme une drogue qui endort nos craintes pour quelques heures et on en veut toujours plus, mais quand ça fait trop longtemps qu'on en a pas on recommence à devenir nerveux, méfiant, irrationellement insécure. Je lui en veux de m'avoir emplie de poèmes, de mots doux, de déclarations enflammées, pour me les enlever brutalement par la suite et me laisser comme une loque en désintox de sa voix sucrée...
C'est peut-être pour essayer de retrouver un peu de soleil que je peux pas m'empêcher d'aller jeter un oeil à sa photo de profil une fois de temps en temps (chaque deux jours...). Les rayons émanants de son visage m'appaisent quelques instants, un sourire se pointe au coin de mes lèvres alors que se dessinent à l'écran de mon cerveau des éclairs de moments heureux qu'il m'a fait vivre. Puis, comme le papillon qui s'approche trop près de la flamme, hypnotisé, fasciné, je me brûle à ces souvenirs perdus, mon sourire fond et laisse place aux larmes, je redeviens larve et je me déteste d'avoir encore cédé à la tentation.

C'est en plein pendant que je réflexionne à ce sujet au travail, après une énième rechute, que mon cell vibre. Un message. De lui. Presque exactement un mois après son premier. Presque exactement deux mois après la rupture.
"Allo. How you've been doing?"
Quand je vous disais "connexion entre deux esprits"??

6 juillet 2011

Tu m'aimes?

T'as d'abord commencé par arrêter de commenter le cul de toutes les belles filles qui passaient quand on était ensemble.
Puis on s'est mit à s'embrasser chaque fois qu'on sortait et qu'on était complètement soûls. Innocents jeux de séduction.
Tranquillement, tu t'es mis à me texter juste un peu plus souvent pour échanger des banalités, avoir une présence dans mon quotidien...

Dans un bar miteux le soir de la St-Jean, un peu éméché tu t'es confié à ma meilleure amie alors que j'attendais aux toilettes. "C'était évident!" qu'elle m'a dit, mais j'ai refusé de le voir et je t'ai quand même frenché à pleine langue avant de sortir de ta voiture.

Un soir où on allait manger une crème glacée tu m'as accueilli avec un baiser sur la bouche. On était sobre tous les deux.

Tu m'emmènes manger au resto souvent. On échange peu de mots mais tu payes presque toujours la facture, sauf quand je proteste trop fort.
La semaine passée on a fumé un joint dans ma chambre chez mon papa, pour ma dernière nuit dedans. T'as passé la nuit dans mon lit et on a même pas baisé.
Tu me rends des services même quand j'ai rien demandé. Tu m'amènes à toi pour qu'on se colle en regardant la télé. C'est toujours toi qui initie les rapprochements, mais je ne sais plus te résister.

Que tu aies des sentiments pour moi sort de mon entendement. Pourquoi maintenant? Depuis le temps qu'on se connait...après toutes ces filles avec qui tu as couché, après tous ces culs que tu as matté même en ma présence, je ne fais pas le poids, je me refuse à penser que tu puisses éprouver autre chose qu'un profond désir physique pour moi, parce que jusqu'à tout récemment je te provoquais en ne réagissant pas à tes "subtiles" avances.

Tu m'aimes? pas moi...mais je te veux, ça oui, comme une folle.

14 juin 2011

Moment cool

Wow! je viens de vivre une super soirée. Show aux Francofolies, Mathieu Lippé est un poète né, croisé entre Jean Leloup, Claude Léveillé et Loco Locass, c'est un raconteur et un joueur de mots. Frissons dans l'échine, il atteint le fond du bon en chacun grâce à ses phrasés orthophoniques.
Ensuite Marie-Philippe Bergeron, jeune acadienne avec du ressort, maniant les cordes de sa guitare de façon mordante et qui aime les hommes qui en font tout autant. Elle est belle, lumineuse, la musique l'habite quand elle chante. C'est un voyage à elle seule.
Puis direction Station des Sports. Où le pichet de 4L est 18,68$...deux à quatre personnes, soit moi, un ami, ma soeur, son amie, et Thierry, ça a été très cool à partager. Plein de gens amusants qui se mêlent pour avoir du plaisir dans l'innocence et la curiosité de l'autre. Sans plus. En ce qui me concerne.
C'est ce pour quoi je vie! Ce genre de moment qui vous émerveille face aux gens merveilleux qui vous entoure, en vous disant que vous les avez choisis, que vous êtes maîtres de votre bonheur et qu'il n'en tient qu'à vous de construire votre existence sur la voie que vous aurez décidé. Choisissez ce qui vous drive, et faites en une de vos raisons de vivre. Exister pour ce qui nous fait vivre, c'est arrêter de se demander pourquoi on est là. C'est assumer les voies qu'on a prises pour arriver à ce qu'on est là, maintenant. C'est évaluer notre futur à partir du maintenant. Et semer les bonnes graines pour ne récolter que du positif plus tard.
Allez bonne nuit!

7 juin 2011

Attente

Tu ne m'écris pas vite. Tu me fais attendre. Tu me rends impatiente de toi.
Impatiente d'un baiser, d'une caresse, de tes mains, de ton sexe.
Je sais que l'étreinte n'est arrivée qu'une fois. J'ai déjà hâte à la prochaine...

29 mai 2011

Soirée

J'avais aimé la façon dont tu m'avais demandé si j'avais un copain, comme si tu demandais ma permission avant que ta bouche ne s'aventure plus loin dans mon cou, avant que tes mains ne descendent plus bas dans mon dos.
J'avais aimé la façon dont tu t'étais respectueusement déplacé en dehors de mon champ d'intimé, en signifiant que tu avais compris et que tu acceptais, quand j'ai répondu à l'affirmative.
J'avais aimé les regards qu'on s'était quand même lançés pendant la soirée, alors que tu me regardais danser au milieu de tout ce monde, et que je faisais semblant de ne pas voir que tu me détaillais.
J'ai aimé tes mains.
J'y pense souvent depuis qu'il est parti.

22 mai 2011

Conclusion?

Ce soir c'est rough. J'ai le coeur à bout. Essouflé. Vidé. Il a tant travaillé dans les dernières 72 heures.
J'ai fait du vélo comme une dingue. En fonçant comme une flèche toujours vers l'avant. Pour laisser derrière les obstacles qui nous barrent le chemin, nous ralentissent, nous nuisent.
Je me suis touchée pour ressentir un peu de plaisir. C'est fou comme le sexe dans la douleur est (étrangement) extra. Pour le soupir qu'on pousse juste après l'orgasme. Tention relâchée (pour quelques minutes).
J'ai pleuré des torrents. Ce soir il pleut. J'ai fumé un joint sur ma galerie en écoutant la pluie tomber sur le toit. L'eau coulait aussi des coins de mes yeux. C'est essouflant pleurer. Ça en demande au coeur.
J'ai eu des crises existentielles fracassantes. Je me suis posée mille et une questions sur le sens de cette relation, sur ce que j'y apportait (ou pas), ce que j'en retirais, qu'en serait-il plus tard? Toutes les réponses me menaient à la séparation...et pourtant, ce soir, j'ai envie de lui dire ceci:
" I have been honest with you since the beggining. I am the same person you have know and felt in love with than I am now. But I'm in a different environment then when we met. In my place, with my friends, my places  to go. I'm good right now, I enjoy the time I spend with them cause I know that when you'll be there, I want to spend the most possible time with you. I had decided to make this commitment without telling you cause I wanted to wait and see where it was all going. Then you changed your environment too and changed in small things. But you weren't exactly the guy I have known. But I knew that when we'll be reunited everything would be great. One beside another. We could have. But things turned in a bad way.
I have thought about all the things that could have been changed. So many things. But eh! it happened the way it did, we both said it: we wished things went different. Well now we'll have to live with this for a long time. Wondering how it could have been if everything we told each other really happened? But it won't. So I'll stop questionning myself. To "turn the page" like they say. It won't be easy.
I love you, even if I have hated you a couple time this week-end. You brought a lot to me, you opened my eyes on a lot of things in life. I hope you'll retain something good from me. I will release you, maybe our roads will meet again in the future. I will remember you for all my life. You're in my heart. My heart that just released a little bit of it's pain tonight for telling you all this."

17 avril 2011

Dualité

Au début de l'humanité, le cerveau primitif n'assimilait qu'une chose et son contraire. C'est pourquoi, pendant des centaines d'années, on a vu, réfléchi et conçu le monde en fonction de la dualité et de l'opposition entre deux entités. Au jour s'opposait la nuit; au blanc, le noir; à la paix, la guerre; à l'homme, la femme; à l'adulte, l'enfant, etc. La religion a beaucoup joué sur cette dualité afin de se rendre accessible à la population tout en l'aliénant, d'une certaine façon. En condamnant tout ce qui n'appartenait pas à ses principes, la religion prenait le pôle du pouvoir en laissant son contraire, la soumission, à ceux qu'elle disait protéger. Ainsi au Bien s'opposait le Mal; à la vie, la mort; à l'amour, la haine; à Dieu, les hommes...
Mais le cerveau humain, repoussant constamment ses facultés, a repoussé également les limites au-delà de la simple dualité du monde pour voir les facettes qui en constitue l'entre-deux. Ce sont ces zones qui ont effrayé les ecclésiatiques pendant longtemps, car leur dogme centenaire ne les nommait pas, n'ayant pas considéré leur existence auparavant, et donc en faisait automatiquement un ennemi.
Avec la chute de la religion et de son carcan intellectuel, la philosophie s'est imposée dans les salons afin d'apporter une certaine lumière sur cette conception duelle du monde (d'où l'appelation du "Siècle des Lumières") en créant de nouvelles problématique à partir d'associations jusque-là ignorées ou en creusant la zone d'ombre entre deux principes. Ainsi sont advenus des questionnements entre le corps en tant que matière agissante et l'esprit en tant que matière pensante; entre le rôle de Dieu et celui de la science pour expliquer certains phénomènes; entre l'expérience des sens et les connaissances inhérentes à la condition humaine pour se faire une idée du monde, etc. Ainsi on a pu voir apparaître, entre le noir et le blanc, du gris; entre l'adulte en l'enfant, l'adolescent; entre l'amour et la haine, l'indifférence; entre l'homme et la femme, les cartes se sont brouillées et les rôles ont été repensés...
Cette façon duelle de penser le monde était certe beaucoup plus simple à ses débuts, mais elle serait impossible à appliquer aujourd'hui. L'humain repousse chaque jour les limites de la conception intellectuelle afin de comprendre et d'expliquer l'univers qui l'entoure. Nos yeux se sont ouverts sur de multiples conceptions. L'éventail d'options qu'offre la philosophie, avec ses nombreuses branches, nous donne l'occasion de réfléchir sur notre propre existence au sein de chacun des micro et macrocosmes dans lesquels nous évoluons. Le couple, la famille, les amis, le travail, la ville, le pays...
Dans mon monde idéal, chacun aurait conçu sa propre vision, sa propre façon de concevoir ce qui l'entoure, et le rôle qu'il a à y jouer. Car chacun se trouve là où il est pour une raison particulière, car il possède un pouvoir qui lui a été attribué afin qu'il accomplisse une mission. Mais trop peu de gens s'arrêtent pour y réfléchir, et les masses gobent ce que la société marchande et commerciale leur véhicule jour après jour. Parce que c'est moins forçant. Parce que c'est réconfortant d'être des milliers dans une médiocrité généralisée. Parce qu'à grand pouvoir incombe grande responsabilité, mais qu'on préfère penser en termes simples et duels afin de s'en sauver. Réfléchir est devenu difficile, c'est une faculté qui est tombée dans l'oubli avec l'apparition de la technologie. Car après Dieu et la religion étaient apparus les penseurs et la philosophie: aujourd'hui ce sont les ordinateurs et les magnats de la presse qui font office de "guides spirituels". Tout un programme!

15 avril 2011

I'm a muther fuck*ng monster!!

"The opposite of love is not hate but indifference. [...] Love and hate have too much in common, they involve similar focus and obsession." - Lu dans l'entrevue d'une playmate populaire au début des années 2000...posez-moi pas de questions.

J'avais réussi à ne plus penser à toi. En fait, à penser à toi mais comme un vague souvenir, quelque chose dont on sait et reconnaît pertinemment l'existence dans le temps mais qu'on préfère le plus flou possible, car d'y replonger fait naître à chaque fois un goût sec dans la bouche et une amertume au coeur.
J'avais réussi à retrouver une stabilité émotionnelle face à ce que chaque souvenir de toi évoquait, c'est-à-dire que j'avais cherché et enfin trouvé l'indifférence qui, après ces mois d'attente égrenés, cet éloignement que j'ai imposé entre nous, ces amants qui ont su à peine faire naître une étincelle en moi, s'est installée tout naturellement en moi. Je l'ai su avant même de savoir que j'étais amoureuse. J'étais parvenue à passer à cette étape finale du cycle de la rémission qui consiste à être capable de tiédeur absolue devant des nouvelles de l'ex, des fantômes de la relation ou tout autre symbole ramenant aux souvenirs partagés. J'étais plutôt fière de moi.
Mais maintenant je te déteste.
Ce que tu nommais si bien ton "petit monstre vert", tu me l'as transmit. J'en suis habitée maintenant. Je comprends mieux que jamais l'expression "les fantômes du passé". Ils se terrent et puis quand tout semble bien aller ils ressurgissent pour nous hanter. Ça nous possède, ça nous prend au ventre et c'est surtout inexplicable. Mais en fait on sait. C'est la barrière de l'insécurité qui nous rentre dans l'estomac. Ça fait mal.
Je n'avais jamais vécu ça avant toi. Maintenant, je dois l'affronter chaque jour depuis que j'ai rencontré un homme formidable.
Il y a eu quelque chose entre lui et moi, une sorte de lien, et depuis ce temps ce lien s'est formé sur l'abandon total qu'on a réussit à avoir l'un envers l'autre, sans attentes car rien ne semblait possible entre nous. Et pourtant... il s'en vient vivre ici. Je capote. Je n'aurait jamais prévu ça. On est si liés maintenant que la barre dans mon estomac se ressere. Tu ne croyais pas si bien dire, et j'ai finalement compris ce que ton "ce sont les gens les plus proches de nous qui risquent le plus de nous blesser" voulait dire. Ton petit monstre vert surgit dans ce temps-là.
Je veux mon homme. Et je m'en veux de le vouloir ainsi.

Ouaiiiis pour Kanye!! ^ ^

8 mars 2011

Antithèse parentale

"Qui fait ce que son père n'a pas fait verra ce que son père n'a pas vu" - Proverbe touareg

La vie, c'est pas juste savoir cerner les problèmes - ça tu le fais très bien - c'est aussi avoir des rêves qui nous permettent d'avancer et de trouver des solutions. Ça ne veut pas dire qu'on va tous les réaliser, mais avoir un objectif, même à moitié ancré dans la réalité, c'est déjà avancer vers quelque chose de mieux, une part enfouie de nous qui s'éveille. Et on doit constamment prendre action en ce sens, plutôt que de rester planté devant le problème en ne cessant de le constater. Une fois cerné, t'auras beau le tourner dans tous les sens pour en approfondir la complexité, ça ne le réglera pas, le foutu problème.

19 février 2011

Réflexion monétaire (part 1)

J'ai parlé un peu récemment de mon voyage à Kelowna, dont je suis revenue il y a exactement trois semaines. J'y étais allé, entre autres, à la recherche de mes forces intérieures et j'assumais pleinement (en fait j'espérais presque) en revenir transformée dans un aspect ou l'autre de ma personne.
J'ai été confrontée et je suis revenue changée. L'éternelle ado que je suis (et que je resterai probablement toute ma vie...faut pas ambitionner sur la révolution intérieure!) se sent maintenant mieux prête à affronter le monde des adultes. J'ai toujours su que je devrais m'y faire dans un avenir rapproché mais j'ai passé les trois dernières années de ma vie à repousser ce moment le plus possible. J'ai vécu ma phase hédoniste. On disait de moi que je suis une trippeuse, une fille de party...je le suis toujours, mais j'ai appris à doser.
J'ai réalisé grâce à un être cher que mon rapport à l'argent devait changer car je me trouvais trop souvent dans une position de dépendance face à quelqu'un d'autre. Parce que je prenais pour acquis que j'aurais toujours une personne pour me backer (parent, amis) si jamais je me trouvais dans le trouble, je dépensais souvent sans penser au lendemain. C'est tellement facile quand on n'a pas d'autres comptes de dépense que son cellulaire et sa passe d'autobus et qu'on n'a pas de projet(s) à moyen/long terme concret.
J'ai finalement compris qu'être un adulte c'est d'assumer et surtout d'assurer ses dépenses et son mode de vie au revenu qu'on fait. Qu'il est important de voir plus loin que le prochain trimestre, d'avoir des projets et de mettre de côté au fur et à mesure pour être capable de parfois avancer à grands pas, plutôt que par centaines de petites dépenses futiles de consommatrice peu avertie.
J'ai aussi compris pourquoi mes parents souhaitent tellement que j'aille une carrière à la hauteur de mes capacités intellectuelles...pas tant pour avoir la fierté de dire que son enfant possède un titre universitaire, comme je l'ai longtemps pensé, mais surtout pour avoir le revenu rattaché qui me permettrait d'acquérir une indépendance financière pour la vie. Ne dépendre de personne justement, pour vivre, payer ses comptes, réaliser ses rêves, exécuter des projets, etc...
Je compte bien vivre en couple, dans un avenir à moyen terme. Mais je crois que, dans un tel contexte, il est effectivement important de considérer toutes les dépenses communes comme des "extras", et non quelque chose d'acquis par rapport à l'autre.
Je me rends compte aujourd'hui que la liberté donnée dans l'application un mode de pensée et de fonctionnement comme celui-là peut apporter beaucoup de bonheur et d'émancipation. Bien davantage que les mille-et-unes petites dépenses que je pouvais effectuer jusqu'à récemment, qui comblaient joyeusement mon quotidien mais qui, je le réalise, étaient d'une éphémérité désastreuse qui me faisait répéter l'opération jusqu'à l'affichage du "presque 0$" de mon compte en banque.
Je ne veux plus vivre à crédit!

8 février 2011

Pensées d'avion

"Le vrai voyage ce n'est pas de chercher des nouveaux paysages mais un nouveau regard."    - Marcel Proust

Je regarde la ligne d'horizon par le hublot, directement au niveau des yeux. Un mince trait qui sépare le bleu du ciel des nuages blancs. Une telle planitude à perte de vue a quelque chose d'extra-ordinaire et d'étourdissant pour moi, qui ait passé les trois derniers mois entourée de montagnes.
J'ai le vertige, mais pas à cause de l'altitude; je pense à mon départ de Kelowna, cette si belle ville juchée au creux des pics enneigés de la vallée de l'Okanagan.
Je pense à ce que j'y ai vécu, aux gens qui y ont croisé ma route, à Noel... à mon échec de me trouver un travail, mais à tout ce que j'ai appris sur la vie et sur moi-même. Ça au moins, c'est une réussite.
Ça a été ardu; j'ai ragé, pleuré, désespéré plus d'une fois mais malgré mon retour prématuré, je sais que je reviens avec davantage que mes deux valises pleines à craquer qui attendant dans la soute (et que je souhaite ardemment ne pas perdre lors du transfert!).
Je sais que le retour ne sera pas facile non plus. Je suis totalement fauchée. Pire; je suis dans les dettes jusqu'au cou. Mais, immatériellement, je suis riche d'une expérience que peu de gens auront la chance de vivre.
Dire que je reviens sans regrets serait un mensonge. J'en ai laissé le plus possible derrière moi, mais je reste un être humaine avec sa part de masochisme accentué de "j'aurais dû..." ou de "avoir su...". Still, je ne regrette pas ma décision d'il y a quatre mois, sans doute la plus spontanée et inattendue de ma vie, de tout laisser derrière moi pour changer de vie l'espace de huit mois (plan initial) et partir à la quête de mes racines profondes.
L'inconnu, cette grande bête à la fois épeurante et fascinante pour l'homme, et un terrain propice et certainement inspirant pour quiconque souhaite renouer avec sa vraie nature, en l'occurence la voyageuse/exploratrice enfouie en moi, qui s'est manifestée à un moment opportun. Je souhaitais être confrontée? On peut dire que j'ai été servie, et de plus d'une manière. Mes convictions, mes croyances, ma naïveté et mon éternel optimisme ont été mis à rude épreuve pendant mon périple.
Je reviens changée, pas seulement en tant que personne, mais avec l'assurance nécessaire pour assumer ce qui a été conforté ou chamboulé en moi.
Pendant que Charlie Winston berce mes oreilles, je regarde défiler par le hublot les paysages des Prairies, ce même cheminque j'ai parcouru en sens inverse il y a exactement trois mois en road trip épique. J'admire la vue, confortablement assise, et Je me souviens.

6 février 2011

Weakness

You've seen me sober, drunk or high
You've seen me weak, you've seen me cry

You've heard my every kind of laugh
You almost always know why I sigh

You know what to say when I'm angry
You've seen almost every side of me

But the one you want the more to know
Is the one I'm the more afraid to show...

5 février 2011

Valeurs occidentales et Bible

Depuis les années 1950-60 et l'émancipation du peuple québécois face à l'Église catholique, l'appartenance à une quelconque religion ou spiritualité, ou ce qui y fait allusion, sont devenus des sujets tabous. On s'est libéré de l'autorité des prêtres, on a délaissé la messe, on s'est modernisé, tant dans l'espace public que dans la vie privée.
Mais on se fourvoierait en prétendant que même si, formellement, on a cessé d'être catholique en masse, on s'est également affranchis de tout l'enseignement que la religion nous a apporté depuis les siècles qu'elle opère. La société occidentale s'est construite avec les valeurs prisées dans la Bible (tolérance, liberté, amour) et la même conception du Bien et du Mal, de la croyance à l'Enfer et au Ciel (qui ont tout de même subis de nombreuses transformations avec les années).
On ne s'est jamais totalement émancipé de l'influence de l'Église, même si on a tellement essayé de se convaincre du contraire. Ce n'est pas parce qu'on a cessé d'être pratiquants que la religion a cessé d'avoir un impact sur notre quotidien. On est plus catholiques qu'on le pense ; une société entière, même avec toute la volonté du monde, ne s'affranchit pas aussi facilement d'une identité qui l'a définie jusque-là.
C'est un fait qui semble bien simple mais les gens semblent l'oublier trop souvent. Oublier, ou omettre de reconnaître le rôle que la Bible a joué dans les fondements de notre civilisation occidentale et des valeurs qui lui sont chères.
Ce constat sera à la base de plusieurs papiers à venir. Je m'intéresse grandement à la religion et à la spiritualité (deux concepts similaires pour les non-initiés mais qui appartiennent à deux catégories complètement différentes) et je risque d'y revenir souvent.
Mais je suis multi-disciplinaire, je me risque à des réflexions sur les sujets les plus divers et éloignés que possible!
En attendant, je vous invite à consulter un article intéressant paru aujourd'hui dans la Presse sur... l'éclosion des conversions à différentes religions un peu partout au Québec. Vous avez dit "retour aux sources"?
http://www.cyberpresse.ca/actualites/regional/montreal/201102/05/01-4367338-religion-a-la-carte.php